Le Délégué Départemental du Rassemblement National de la Mayenne (53) et Membre du Conseil National de ce parti Jean-Michel Cadenas pond des tweets malaisants.

Ce responsable politique a cru bon de dénoncer lun “tandem turc” sur une liste de gauche. Bora Yilmaz et Hülliya Turan sont candidats pour le parti communiste à Strasbourg.

Ces militants communistes sont engagés au niveau local depuis plusieurs années. Leur présence sur cette liste n’est donc pas une surprise.

Selon ce militant d’extrême droite, il faudrait voir dans ces deux candidats une stratégie clientéliste en rapport avec la communauté turque.

Le problème, c’est que Jean-Michel Cadenas jette l’opprobre sur deux personnalités politiques engagées contre le régime d’Erdogan qui ont été détenues par sa police sur le sol turc.

Les deux candidats communistes sur la liste Grand Est sont à l’opposé des réseaux communautaires islamo-nationalistes que développe la Turquie en France.

Des officines turques parfois violentes comme les “Loups Gris”, qui pèsent dans l’islam de France, et qui ont effectivement pour mission de développer une emprise dans des villes stratégiques comme Strasbourg (ainsi que l’explique le reportage ci-contre).

Les militants de cette mouvance pro-Erdogan ne ratent pas une occasion de faire le buzz.

Certain sont très actifs sur les réseaux sociaux, à l’image du négationniste du génocide arménien Fatih Karakaya, ou encore Feiza Ben Mohammed. D’autres étaient responsables locaux du Comité Contre l’islamophobie en France (CCIF) désormais dissout.

Qui sont les militants communistes Hülliya Turan et Bora Yilmaz ?

Hülliya Turan est d’origine kurde. Elle travaille comme assistante sociale et milite au PCF depuis de longues années. Elle a été détenue par le régime d’Erdogan en tant qu’observatrice des élections dans ce pays comme nous l’apprend le site des Dernières Nouvelles d’Alsace. Depuis, elle est menacée sur les réseaux sociaux par les réseaux communautaires pro-Erdogan.

Des réseaux dont Cadenas sous-entend que la candidature de cette femme serait une émanation.

Alors que l’engagement contre l’islamisme de Cadenas se réduit… à faire des tweets ! 🤦‍♂️

Bora Yilmaz est professeur de sciences économiques et sociales, il milite à gauche depuiplus de vingt ans.

Il n’a pas plus de leçon à recevoir de Jean-Michel Cadenas quand on sait que ce militant politique d’origine turque s’oppose au régime d’Erdogan depuis plusieurs années.

En 2018, Bora Yilmaz aussi a été détenu en Turquie et a fait l’objet d’un procès politique.

Militer contre le régime turc depuis l’étranger quand on est soi-même turc présente des risques réels pouvant aller jusqu’à l’assassinat.

Il semble que ce soit plutôt Jean-Michel Cadenas qui incarne la voix de l’islamo-nationalisme turc dans cette affaire.

Ce personnage douteux use d’arguments trop fallacieux contre ces deux figures politiques locales engagées contre l’islamiste Erdogan.

Deux candidats aux prochaines élections dont l’engagement démontre qu’ils ne risquent pas d’accompagner les intérêts du régime turc une fois élus… contrairement à Jean-Michel Cadenas qui le fait déjà avec ce tweet affligeant.

L’accusation de ce représentant de l’étrange peuplade du milieu faf de Mayenne pose en effet une vraie question.

Pour qui roule Jean-Michel Cadenas quand il s’en prend si gratuitement aux opposants les plus déterminés et stables du régime islamiste turc, en retournant contre eux cette thématique en particulier ?

L’influence des Etats islamistes que sont la Turquie et la Qatar, que ce soit en France ou à gauche en particulier, est un vrai sujet.

Toutefois, l’engagement d’une partie de la gauche pour le Kurdistan est également une réalité qu’il faut observer, avec toutes les nuances nécessaires que cela apporte à la thématique de l’islamogauchisme qui est nous est chère.

Photo prise dans un local d’extrême droite à Lyon.

Cette atmosphère islamiste putride a parfois envahi l’extrême droite elle-même, et pas que depuis l’émergence du courant politique d’Alain Soral au milieu des années 2000.

En effet, dès le milieu des années 90, le mouvement étudiant d’extrême droite Groupe Union Défense (GUD) collait des affiches en hommage à l’artificier du Hamas (mouvement islamiste palestinien) Yehia Ayache.

Jean-Francine a déjà consacré un article à ces facettes peu analysées de l’extrême droite en lieu et place de certains journalistes très occupés à faire des analyses d’un autre niveau.

Curiosité : “le scoop” de Jean-Michel Cadenas a été repris dans la foulée par un compte Twitter anonyme qui se présente comme “journaliste indépendant” (lol).

By Brutal Poulet

Compte Twitter : @brutal_poulet