Plusieurs candidats EELV avaient suscité la polémique en amont du premier tour des élections régionales ou départementales, certains étant même écartés par les Verts. Aucun ne semble en mesure de l’emporter au deuxième tour.

Clientélisme ? Manque de culture politique ? Naïveté ? Impossible d’en déceler les réelles raisons, mais la campagne électorale d’Europe Écologie – Les Verts (EELV) a été perturbée par plusieurs révélations autour des candidats figurant sur les listes du parti au tournesol et affichant des prises de position islamistes, souvent dénichées par des comptes Twitter militant en faveur de la laïcité tels que @2emeDB73 ou @on_vous_voit.

Même si EELV ne s’est jamais distingué par sa défense sourcilleuse de la laïcité, certains profils ont interpellé jusqu’au siège de la formation écolo : ainsi Abdelaziz Hafidi, candidat en Eure-et-Loir aux régionales sur la liste menée par Charles Fournier, a été rapidement exclu après l’exhumation sur Twitter de ses posts de soutien à Tariq Ramadan, ou prétendant qu’une loi en France « oblige à croire aux chambres à gaz ».

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Dans d’autres cas, la formation écologiste s’est montrée plus magnanime en maintenant son soutien. Mais elle n’a pas vraiment été récompensée dans les urnes, puisque ces candidats au pedigree contesté n’ont pas rencontré le succès électoral. Le cas d’Ali Rahni en témoigne : Marianne avait enquêté sur ce militant des quartiers populaires controversé, à l’origine de la scission de la gauche dans son canton de Roubaix, dans le Nord, pour les élections départementales en raison de son profil sulfureux. Compagnonnage avec Tariq Ramadan et des figures proches des Frères musulmans, obsession identitaire autour de « l’islamophobie », soutien à l’association salafiste BarakaCity

ÉLIMINATION AU PREMIER TOUR

Soutenu par les Verts et le PCF, l’attelage d’Ali Rahni et Corinne Vandebrouck n’a réuni que 17,79 % des voix au premier tour, soit seulement… 1 018 voix, dans un scrutin marqué par une abstention de 83,33 %. Les candidats sortants de droite, en tête avec 36,89 %, paraissent en bonne position pour l’emporter.

Toujours aux départementales, dans le canton de Gien (Loiret), Ali Besli a connu un revers plus cinglant. Membre d’EELV et candidat remplaçant sur une liste d’union de la gauche, l’homme avait été épinglé pour avoir relayé des prières à Allah appelant à la destruction d’Israël et de ses habitants, des posts de défense du président turc Recep Tayyip Erdogan, ou d’autres messages comparant la situation des musulmans en France à celle des juifs en 1940. La liste sur laquelle il figurait a été nettement battue : Marie-Line Houdou et Philippe Le Dem, les deux candidats titulaires, n’ont réuni que 778 voix, soit 10,39 % des votes, sans éviter l’élimination au premier tour.

À Garges-lès-Gonesse, lieu-clef de l’implantation de l’islam politique en France, Samy Debah, le cofondateur du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dissous par le gouvernement fin 2020, avait changé de stratégie : malgré une qualification pour le second tour lors des dernières municipales, il avait décidé de s’effacer pour les départementales et d’apporter son soutien à un binôme EELV, composé de Rafika El Medassi et Dean Nguyen… ce dernier étant d’ailleurs conseiller municipal d’opposition à Garges-lès-Gonesse, élu sur la liste de Samy Debah. Cet appui n’a pas suffi, puisque le duo écologiste a échoué à 14,8 % (721 votes), derrière les listes de l’UDI, du RN et de l’union de la gauche, dans un scrutin marqué là encore par une forte abstention (80,4 %).

CONCENTRATION EN CENTRE-VAL DE LOIRE

Enfin, dans une région Centre-Val de Loire, décidément servie en matière de candidats au profil douteux, le cas de Jeber Trad avait également fait polémique. Désigné par EELV dans le premier canton de Dreux (Eure-et-Loir), l’homme affichait sur son compte Facebook les signes devenus habituels d’adhésion à l’islam politique : soutien à Tariq Ramadan, à Erdogan et au CCIF, condamnation de Charlie Hebdo et de la laïcité française…

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Après les révélations, les Verts avaient immédiatement retiré leur appui à Jeber Trad, qui avait décidé de maintenir malgré tout sa candidature : nouvel échec, avec une cinquième place au premier tour à 9,71 %, et seulement 429 voix. Avec ou sans étiquette EELV, les candidats aux sympathies islamistes ont donc tous connu un sort identique : le flop dans les urnes.

Source : Marianne

By Brutal Poulet

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