« De « simples ouvriers osèrent toucher au privilège gouvernemental des possédants », et « le vieux monde se tordit de rage à la vue du drapeau rouge, symbole de la république du travail, flottant sur l’Hôtel de ville ». Ces lignes écrites par Marx quelques jours après l’écrasement définitif de l’insurrection montrent l’importance des enjeux. L’œuvre de La Commune montre le caractère profondément émancipateur et novateur de cette révolution. Notons également que les femmes, à qui la Commune donna enfin un statut social égal à celui des hommes, y occupèrent une place sans précédent historique. (…) La Commune, bien plus que le « simple » mythe romantique de la révolte désespérée à quoi on veut la réduire, se caractérise avant tout par une véritable série de mesures correspondant à un programme révolutionnaire au service des travailleurs. » C’est par ces mots que, il y a vingt ans, l’Égalité, le journal de la Gauche Révolutionnaire, célébrait le 130ème anniversaire de la Commune de Paris. Si le développement d’une société peut être jugé par le degré auquel les femmes y sont impliquées, c’est très certainement le cas d’une révolution. En 1871, les femmes, et tout particulièrement les ouvrières, ont joué un rôle immense dans la Commune de Paris, en dépit d’obstacles colossaux. Ces ouvrières héroïques ont à tout jamais balayé l’idée selon laquelle leur émancipation pourrait se produire en dehors de la lutte des classes.

« La prolétaire du prolétaire »

Le travail des femmes jouait déjà un rôle très important dans la production dans les années 1860 en France, et il se développait très rapidement. En 1871, à Paris, 62 000 emplois sur 114 000 dans la production industrielle étaient occupés par des femmes. Des dizaines de milliers d’entre elles travaillaient également hors du secteur industriel : travailleuses à domicile, domestiques, blanchisseuses, journalières… Les femmes (et les enfants) étaient très mal payées, bien moins que les hommes, ce qui étaient utilisé par les patrons pour tirer les salaires vers le bas. Les ouvrières subissaient un harcèlement sexuel terrible de la part de leurs patrons (et de leurs collègues hommes) dans les usines et les ateliers ; le chantage à l’emploi était monnaie courante. Les salaires étaient si bas que de nombreuses femmes devaient se prostituer. Dans ses Mémoires, Louise Michel écrivit : « Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire. Et le salaire des femmes ? Parlons-en un peu : c’est tout simplement un leurre. » Les conditions de vie des ouvrières étaient réellement désastreuses.

Victorine Brocher, une ouvrière piqueuse de bottines, membre de l’Internationale, qui fut très active dans la défense de Paris, écrivit dans ses Mémoires d’une morte-vivante : « J’ai vu des pauvres femmes travaillant douze et quatorze heures par jour pour un salaire dérisoire, ayant vieux parents et enfants qu’elles étaient obligées de délaisser, s’enfermer de longues heures dans des ateliers malsains où ni l’air, ni la lumière, ni le soleil ne pénètrent jamais, car ils sont éclairés au gaz ; dans des fabriques où elles sont entassées par troupeaux, pour gagner la modique somme de deux francs par jour et moins encore, dimanche et fêtes ne gagnant rien. Le samedi soir, après leur journée accomplie, souvent elles passent la moitié des nuits pour réparer les vêtements de la famille ; elles vont aussi porter au lavoir leur linge à couler , pour aller le laver le dimanche matin. Quelle est la récompense d’une de ces femmes ? Souvent anxieuse, elle attend son mari qui s’est attardé dans le cabaret voisin de la maison où il travaille, et ne rentre que lorsque son argent est aux trois quarts dépensé (…) ; le malheureux a tout oublié, mécontent de lui-même, lorsqu’il rentre il fait du tapage, maltraite la pauvrette, c’est à peine si elle peut préserver des coups ses enfants. (…) Elles sont légion à Paris, les ouvrières se trouvant dans ces conditions. Résultat : la misère noire, le suicide ou la prostitution, ce qui est pire encore. Un écrivain [Idriss Al-‘Amraoui, un émissaire du sultan du Maroc] a dit : « Paris est le paradis des femmes et l’enfer des chevaux. » Moi, je dis : ‘Paris est le paradis des demi-mondaines et des chevaux de luxe, l’enfer des honnêtes travailleuses et des chevaux de fiacre. »

Déjà, pendant les dernières années de l’Empire, des ouvrières faisaient de l’agitation contre ces terribles conditions. Les plus avancées politiquement, qui rejoindraient l’Association Internationale des Travailleurs (AIT, la « première Internationale »), commencèrent à faire de l’agitation en étant actives dans certains syndicats – comme Nathalie Le Mel, une relieuse bretonne qui fut une dirigeante du syndicat du Livre et qui rejoint l’AIT après la grève de 1865 qui gagna l’égalité salariale entre les ouvriers et les ouvrières parmi les relieurs parisiens.

Nathalie le Mel
Elisabeth Dmitrieff

La position réactionnaire du mouvement ouvrier dominé par les proudhoniens

Ces militants avaient maints opposants, mais pas seulement parmi les patrons. La majorité du mouvement ouvrier, y compris l’AIT, politiquement hétérogène, ne soutenait pas les ouvrières. En effet, la position de Proudhon et d’autres étaient très réactionnaire. Proudhon théorisait le fait que les femmes étaient inférieures aux hommes. Dans De la justice dans la révolution et dans l’église (1860), il écrivit : « La femme est un joli animal, un diminutif d’homme. (…) En elle-même, la femme n’a pas de raison d’être ; c’est un instrument de reproduction (…), inférieure à l’homme, une sorte de moyen terme entre lui et le reste du règne animal. (…) L’homme sera le maître et que la femme obéira. Dura lex, sed lex [« La loi est dure, mais c’est la loi », ndlr]. La femme par sa faiblesse organique et la position intéressante où elle ne manquera pas de tomber, pour peu que l’homme s’y prête [c’est-à-dire la grossesse, ndlr], est fatalement et juridiquement exclue de toute direction politique, administrative, doctrinale, industrielle. »

La position en faveur de « la femme au foyer », contre le travail des femmes, fut en fait défendue par la délégation française au Congrès de l’AIT de 1866 – bien que certains dirigeants comme Eugène Varlin ou Antoine Bourdon s’opposaient à cela. Ils soumirent au vote du Congrès un amendement qui disait entre autres que : « La femme ayant besoin de travailler pour vivre honorablement, on doit chercher à améliorer son travail et non à le supprimer. », défendant dans la discussion préalable que « nous ne pouvons condamner le travail des femmes d’une manière générale; car vous qui voulez enlever la femme à la prostitution, comment pourrez-vous le faire si vous ne lui donnez le moyen de gagner sa vie. Que deviendront les veuves et les orphelins? Elles seront obligées ou de tendre la main ou de se prostituer. Condamner le travail des femmes, c’est reconnaître la charité et autoriser la prostitution. » L’amendement fut rejeté. André Léo (le pseudonyme de Léodile Champseix), alors membre de l’AIT et écrivaine, écrivait que « sur cette question les révolutionnaires deviennent conservateurs. » N’était-il pas ironique que ces prétendus défenseurs de la liberté eurent besoin d’un « petit royaume à leur usage personnel, chacun chez soi » ?

Cette position réactionnaire dominait le mouvement ouvrier ainsi que la classe ouvrière en France à cette époque. De manière hypocrite, l’idéologie dominante condamnait le travail des femmes, exigeait des femmes qu’elles soient de simples ménagères, privées de tout droit, et en même temps, la société interdisait ce rôle aux femmes du peuple ; elles qui étaient déjà intégrées à la grande industrie et souffraient d’une misère terrible.

Opposition aux femmes de la bourgeoisie

Dans la seconde moitié des années 1860, le pays fut touché par de nombreuses grèves sur les salaires. Des journaux furent créés çà et là pour parler des droits des femmes, comme le bimensuel Le droit des Femmes, qui avait pour but de discuter de « l’émancipation morale, intellectuelle et civile des femmes – comme filles, femmes et mères »… donc pas l’émancipation financière, et surtout pas comme travailleuses ! Ces journaux étaient principalement faits par des hommes et des femmes de la bourgeoisie, qui n’encourageaient pas les femmes à s’organiser ou à agir politiquement, au contraire. En juillet 1869, Le droit des Femmes écrivit : « Nous ne disons pas [aux femmes] que le moment est venu pour elles de réclamer leur part de ces droits politiques dont nous usons si mal, (…) car leur éducation ne les a pas préparées aux vertus spéciales qu’exige l’action politique. » Combien il avaient tort ! Et l’action héroïque des ouvrières parisiennes, moins de deux ans après cette déclaration scandaleuse, allait le prouver de manière éclatante.

D’autre part, Karl Marx et les socialistes scientifiques ont toujours soutenu les droits des femmes et des travailleuses. Et même s’ils étaient minoritaires en France alors, ils firent tout pour aider les femmes travailleuses à s’organiser et à lutter, non seulement pour l’émancipation et l’égalité, mais aussi pour changer la position du mouvement ouvrier, pour que celui-ci défende les femmes de la classe ouvrière. La jeune collaboratrice de Marx, Élisabeth Dmitrieff (qui militait en Russie avant d’émigrer en Suisse, où elle aida à fonder la section russe de l’AIT), n’avait que 20 ans à l’époque de la Commune. Elle vint à Paris pour populariser les idées du socialisme scientifique, en particulier parmi les femmes. L’idée est que l’émancipation des femmes ne pourrait advenir qu’à travers l’émancipation de tout le prolétariat. Une des tâches était donc d’attiser la conscience de classe des ouvrières afin de les amener dans la lutte révolutionnaire.

Les femmes socialistes ne se souciaient pas de la seule condition des travailleuses. Ces militantes, des membres de l’AIT notamment, étaient parmi ceux qui traitaient avec le plus de sérieux le succès de la Commune. André Léo par exemple, n’avait de cesse d’essayer de convaincre le peuple de Paris et les membres de la Commune que l’isolement de Paris et l’aliénation de la paysannerie seraient fatales. Le 9 avril, elle écrivit : « La province, là est le danger, là est le désastre. Paris en ce moment hait et maudit la province et la province hait et maudit Paris. On a élevé entre eux une montagne de mensonges et de calomnies. » Avec Auguste Serrailler, membre de l’AIT et de la Commune, elle s’efforça, hélas sans succès, de faire passer un décret sur l’abolition de la dette hypothécaire, ce qui aurait rallié un soutien important parmi la paysannerie : la dette des petits propriétaires terriens s’était envolée, à 14 milliards de francs.

L’implication des femmes dans la défense militaire de Paris

Un de nos derniers badges sur la Commune, vous pouvez vous les procurer ici.

Le 18 mars, le jour de l’insurrection, « Les femmes partirent les premières comme dans les journées de Révolution. Celles du 18 mars, bronzées [endurcies, ndlr] par le siège – elles avaient eu double ration de misère – n’attendirent pas leurs hommes. Elles entourent les mitrailleuses, interpellent les chefs de pièce », écrivit Prosper-Olivier Lissagaray dans son Histoire de la Commune de 1871. Les femmes s’organisèrent rapidement. Une bataille eut lieu pour que les femmes puissent être officiellement incorporées à la défense de Paris. Bien sûr, les femmes n’ont jamais attendu d’ordres officiels pour défendre Paris et la révolution. D’autant moins que des milliers d’entre elles avaient déjà participé à la défense de la ville lors du siège par l’armée prussienne. Plusieurs organisations féminines de défense furent établies. Louise Michel, André Léo et d’autres organisèrent des services « d’ambulances » et des distributions de nourriture et de vêtements. Le 8 mai, André Léo, dans un article assez pessimiste intitulé La révolution sans la femme, proteste contre l’hostilité du général Dombrowski et d’autres à intégrer les ambulancières de Montmartre dans l’armée et sur les avant-postes : « Savez-vous, général Dombrowski, comment s’est faite la révolution du 18 mars ? Par les femmes. On avait dirigé de grand matin des troupes de ligne sur Montmartre. Le petit nombre de gardes nationaux qui gardaient les canons de la place Saint-Pierre avait été surpris et les canons enlevés ». Louise Michel avait aussi décrit comment « L’armée leva la crosse en l’air au lieu d’arracher les canons français aux gardes nationaux et surtout aux femmes qui les couvraient de leurs corps ».

Lissagaray l’affirme : « L’attitude des femmes pendant la Commune faisait l’admiration des étrangers et exaspérait la férocité des Versaillais ». Dix mille ouvrières combattirent pendant la « semaine sanglante ». La douzième légion de la Commune avait même un contingent féminin.

L’union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés

Plusieurs organisations sont créées, en particulier L’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, créée le 11 avril. Ses membres s’étaient mis à la disposition de la commune et étaient prêtes à « combattre, et vaincre ou mourir ». Lors de la fondation de l’Union des femmes, un Manifeste fut publié, sous la forme d’une adresse à la Commission Exécutive de la Commune, publiée au Journal Officiel de la Commune le 14 avril :

« Adresse des citoyennes à la Commission Exécutive de la Commune de Paris

Considérant:

Qu’il est du devoir et du droit de tous de combattre pour la grande cause du peuple, pour la Révolution ; (…)
Que la Commune représente le grand principe proclamant l’anéantissement de tout privilège, de toute inégalité, — par là même est engagée à tenir compte des justes réclamations de la population entière, sans distinction de sexe, — distinction créée et maintenue par le besoin de l’antagonisme sur lequel reposent les privilèges des classes gouvernantes;
Que le triomphe de la lutte actuelle (…) a, par conséquent, le même intérêt pour les citoyennes que pour les citoyens ; (…)
Qu’une organisation sérieuse de cet élément révolutionnaire en une force capable de donner un soutien effectif et vigoureux à la Commune de Paris, ne peut réussir qu’avec l’aide et le concours du gouvernement de la Commune;

Les déléguées des citoyennes de Paris demandent à la Commission exécutive de la Commune :

1° De donner l’ordre aux mairies de tenir à la disposition des comités d’arrondissement et du Comité central, institués par les citoyennes pour l’organisation de la défense de Paris, une salle dans les mairies des divers arrondissements, ou bien, en cas d’impossibilité, un local séparé où les Comités pourront siéger en permanence;
2° De fixer, dans le même but, un grand local où les citoyennes pourraient faire des réunions publiques;
3° De faire imprimer aux frais de la Commune les circulaires, affiches et avis que les divers Comités jugeront nécessaire de propager.

Pour les citoyennes déléguées membres du comité central des citoyennes :

Adélaïde Valentin, ouvrière ; Noëmie Colleville, ouvrière ; Marcand, ouvrière ; Sophie Graix, ouvrière ; Joséphine Pratt, ouvrière ; Céline Delvainquier, ouvrière ; Aimée Delvainquier, ouvrière ; Elisabeth Dmitrieff. »

Et la Commune accepta ces revendications.

Louise Michel est une des figures les plus connues de la Commune. Mais il est intéressant de noter que même si elle manifesta un caractère extrêmement courageux, ses opinions politiques, qui n’étaient pas socialistes, l’ont conduite à ne jouer aucun rôle dans les tentatives de former des organisations ouvrières comme l’Union des femmes ou les syndicats. L’Union des femmes était très active, organisée et dirigée surtout par des ouvrières, et elle faisait preuve d’une extraordinaire audace. Le 18 mai, sa commission exécutive se réunissait encore, et produisait son célèbre Appel aux Ouvrières, appelant les ouvrières à participer, le jour même, à une assemblée pour « constituer les Chambres syndicales qui, à leur tour, enverront chacune deux déléguées pour la formation de la Chambre Fédérale des travailleuses ». L’Union des femmes avait son siège dans la superbe mairie du Xème arrondissement. Elle comptait environ 300 membres. Dmitrieff en particulier visait à se servir de l’Union des femmes pour encourager l’organisation politique des femmes dans l’AIT, pour lutter pour le socialisme. Malgré l’absence de femmes dans la Commune elle-même, dans quelques arrondissements, des femmes avaient été intégrées à l’administration – dans le IXème arrondissement, une femme nommée Murgès siégeait au conseil.

L’Union des femmes mena une lutte féroce contre les bourgeoises qui, à travers des affiches et des journaux, faisaient de la propagande défaitiste et démoralisatrice. Le 3 mai, une affiche déclarait ainsi : « Les femmes de Paris, au nom de la Patrie, au nom de l’honneur, au nom même de l’humanité, demandent un armistice. » L’Union des femmes répliqua par une autre affiche le 6 mai : « Non, ce n’est pas la paix, mais bien la guerre à outrance que les travailleuses de Paris viennent réclamer. (…) Les femmes de Paris prouveront à la France et au monde qu’elles aussi sauront (…) donner, comme leurs frères, leur sang et leur vie pour la défense et le triomphe de la Commune, c’est-à-dire du peuple ! Alors victorieux, à même de s’unir et de s’entendre sur leurs intérêts communs, travailleurs et travailleuses, tous solidaires par un dernier effort, anéantiront à jamais tout vestige d’exploitation et d’exploiteurs. Vive la République universelle ! Vive le travail ! Vive la Commune ! »

Louise Michel
Appel aux ouvrières

Une inspiration gigantesque

De nombreuses mesures très progressistes pour les femmes, bien qu’éphémères, furent obtenues lors de cette révolution, en l’espace de seulement deux mois. La fermeture des maisons de prostitution fut acquise. La Commune avait interdit la prostitution, considérée comme « une forme d’exploitation commerciale de créatures humaines par d’autres créatures humaines ». Les unions libres furent reconnues officiellement : on ne faisait plus de distinction entre les enfants dits « légitimes » et « naturels » ; les veuves des Gardes nationaux tués au combat eurent droit au paiement d’une pension. L’éducation et la puériculture connurent une révolution. L’Église et l’État furent séparés, les hôpitaux et les écoles rendus laïcs. Les enseignants et les enseignantes gagnèrent l’égalité salariale. Le problème le plus important était la pénurie de travail. Toutes les associations de femmes demandaient du travail à Léo Frankel, membre de la Commune et délégué au travail, à l’industrie et à l’échange. Celui-ci avait repris les propositions de l’Union des femmes, y compris la réquisition des ateliers abandonnés ou fermés par les patrons, et leur organisation, par l’Union des femmes, en ateliers coopératifs pour employer les femmes. Dmitrieff en particulier craignait que si la Commune ne prenait pas de mesures pour fournir emploi et salaires aux travailleuses, « l’élément féminin de la population retourne[rait], grâce aux privations continues, à l’état passif et plus ou moins réactionnaire que l’ordre social du passé lui avait créé, retour funeste et dangereux pour les intérêts révolutionnaires. » Tout ceci fut arrêté par l’assaut de Versailles sur Paris à partir du 21 mai.

Les femmes luttèrent héroïquement lors de la Commune et pendant la Semaine Sanglante. Comme Marx l’a formulé dans La Guerre civile en France : « les vraies femmes de Paris avaient reparu, héroïques, nobles et dévouées. (…) Les femmes de Paris joyeusement donnent leur vie sur les barricades et devant le peloton d’exécution. » Jules Vallès, dans le journal Le Vengeur du 12 avril 1871, commenta : « J’ai vu trois révolutions, et, pour la première fois j’ai vu les femmes s’en mêler avec résolution, les femmes et les enfants. Il semble que cette révolution est précisément la leur et qu’en la défendant, ils défendent leur propre avenir. » Des milliers de femmes ont péri pendant la semaine sanglante, mais l’héroïsme persiste : « Battus, mais pas vaincus ! », selon les mots de Nathalie Le Mel, qui fut déportée avec Louise Michel et des milliers d’autres.

Combien nous pouvons être impressionnés devant tant de détermination ! La lutte des socialistes scientifiques, comme Dmitrieff et d’autres, pour former des organisations d’ouvrières devant tant d’adversité, est un véritable exemple, et un joyau dans la couronne du mouvement ouvrier mondial. Et quelle formidable source d’inspiration la Commune de Paris et ces femmes constituent-elles pour toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, cherchent à lutter pour mettre un terme aux discriminations et à l’exploitation des femmes et de tous les opprimés. Ces femmes, lors de la Commune de Paris, ont commencé à ouvrir la voie : l’émancipation des femmes ne pourra être gagnée qu’à travers une lutte commune, unie de la classe ouvrière, hommes et femmes, pour libérer le travail du capital et mettre ainsi fin à toute exploitation.

Par Cécile Rimboud, article paru pour la première fois sur socialistworld.net, dans le cadre des célébrations de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes du 8 mars 2021. Socialistworld.net est le site du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO/CWI) dont la Gauche Révolutionnaire est la section en France.

Source : Gauche Révolutionnaire